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L’effet des saisons sur la production solaire : la courbe mois par mois

Publié le 9 juillet 2026 · Mis à jour le 14 juillet 2026 · Source : PVGIS (JRC), base SARAH3

En France, la production solaire se concentre l'été. Sur la courbe nationale moyenne, juillet produit 139.3 kWh/kWc contre seulement 49.1 kWh/kWc en décembre — un rapport de 2.8×. Les six mois d'avril à septembre concentrent à eux seuls 65 % de la production annuelle. Ce guide décrit cette courbe mois par mois, explique pourquoi l'été domine, et montre que la forme est la même partout — seule l'amplitude change du nord au sud.

65 % de la production annuelle tombe entre avril et septembre : 139.3 kWh/kWc en juillet contre 49.1 en décembre, à puissance installée identique.

La courbe nationale mois par mois

Voici la production mensuelle moyenne d'un kWc posé plein sud à 30°, la référence du site. Cette courbe est la moyenne des 96 points préfecture — un point par département métropolitain — et non la mesure d'un lieu unique : elle décrit la forme d'année typique en France, pas un toit précis.

Mois Production moyenne (kWh/kWc)
Janvier 52.1 kWh/kWc
Février 70.7 kWh/kWc
Mars 104.1 kWh/kWc
Avril 123 kWh/kWc
Mai 130.1 kWh/kWc
Juin 133.2 kWh/kWc
Juillet 139.3 kWh/kWc
Août 130.6 kWh/kWc
Septembre 113.9 kWh/kWc
Octobre 85.7 kWh/kWc
Novembre 57.2 kWh/kWc
Décembre 49.1 kWh/kWc

La lecture est nette : la production part bas en hiver, monte au printemps, culmine en juillet à 139.3 kWh/kWc, puis redescend à l'automne jusqu'au creux de décembre, à 49.1 kWh/kWc. Le meilleur mois produit 2.8× plus que le pire. Sur l'année entière, cette courbe totalise 1189 kWh/kWc, la production annuelle moyenne du pays en référence Sud/30°. Les mois d'été portent l'essentiel : avril à septembre pèsent 65 % du total.

Pourquoi l'été domine

Trois facteurs se cumulent, et tous jouent dans le même sens. D'abord la durée du jour : en juillet, le soleil est levé bien plus longtemps qu'en décembre, donc les panneaux travaillent plus d'heures. Ensuite la hauteur du soleil : l'été, il monte haut dans le ciel, ses rayons traversent moins d'atmosphère et frappent le toit sous un angle plus favorable ; l'hiver, il rase l'horizon et son énergie se dilue. Enfin la couverture nuageuse, statistiquement plus présente en saison froide sur une grande partie du pays.

C'est la combinaison de ces trois effets — et pas seulement « il fait plus beau l'été » — qui creuse l'écart de 2.8× entre juillet et décembre. À noter : un panneau ne produit pas parce qu'il fait chaud, mais parce qu'il reçoit de la lumière. La chaleur estivale dégrade même très légèrement le rendement des cellules ; c'est l'irradiation, abondante en été, qui domine largement ce petit effet inverse. Les chiffres de cette page supposent des pertes système standard de 14 %, la même hypothèse partout.

Nord vs sud : même saisonnalité, amplitudes différentes

Partout en France, la courbe a la même allure : creux en décembre, sommet en été. Ce qui change, c'est l'amplitude — et, contre-intuitivement, elle est plus marquée au nord. Comparons deux extrêmes. Dans la saisonnalité marquée du Nord, le meilleur mois (juin) produit 125 kWh/kWc contre 33 kWh/kWc au creux de décembre : un rapport de 3.8×, et 68 % de la production concentrés sur avril–septembre.

À l'opposé, on observe un profil plus régulier dans les Bouches-du-Rhône : le meilleur mois (juillet) y monte à 172 kWh/kWc et même le creux de décembre tient 78 kWh/kWc — un rapport de seulement 2.2×, et 61 % de la production sur l'été. Autrement dit, le sud produit plus toute l'année, mais son hiver reste correct ; le nord, lui, dépend davantage de sa belle saison. Un département de l'Est comme le Bas-Rhin se lit dans la même grille : la forme est identique, l'amplitude se situe entre ces deux bornes.

Ce point est souvent mal compris : ce n'est pas le sud qui est « plus saisonnier ». C'est le contraire. Plus on descend, plus l'hiver produit et plus la courbe s'aplatit ; plus on remonte, plus l'année se joue sur l'été.

Ce que ça implique concrètement

Cette saisonnalité a une conséquence directe sur l'usage de l'électricité produite. Une installation dimensionnée pour couvrir vos besoins l'hiver sera fortement excédentaire l'été ; dimensionnée pour l'été, elle laissera un déficit l'hiver. C'est pourquoi la part d'autoconsommation — la fraction que vous consommez sur place plutôt que d'injecter — dépend beaucoup de la saison et de vos horaires de consommation.

Une batterie aide à lisser la journée (stocker le surplus de midi pour le soir), mais elle ne déplace pas l'énergie d'une saison à l'autre : elle ne comblera pas le creux de décembre avec le surplus de juillet. Pour ajuster ces arbitrages à votre cas, le plus fiable est de partir de la vraie courbe de votre département et de tester votre orientation réelle : vous pouvez par exemple ajuster l'orientation dans le Nord pour voir comment l'inclinaison et l'azimut déplacent la production entre l'hiver et l'été. Les valeurs de production restent des estimations non contractuelles issues de PVGIS.

À retenir